UN BEBE SI ON VEUT, QUAND ON PEUT !

La revendication actuelle « un bébé si je veux, quand je veux » n’est pas toujours réalisable. D’ailleurs, il serait plus juste de substituer le « je » par le « nous » car malgré la montée de l’individualisme au sein de la société, vouloir accueillir un bébé reste encore une histoire de couple. Le corps a parfois ses raisons que la raison ne connait pas. En effet, dans certaines situations le couple désire un enfant mais les corps ne répondent pas à cette attente à l’instant voulu. Commence, alors pour le couple, un parcours médical inconnu au cours duquel un diagnostic d’infertilité ou de stérilité peut être posé.

Infertilité et stérilité : différence fondamentale

Ces deux termes ont des sens différents car à terme la conséquence est différente. L’infertilité signifie qu’un couple a des difficultés pour faire un enfant cependant il n’y a rien de définitif, on dit qu’il est hypofertile. Et ce n’est qu’après deux ans de relations sexuelles régulières en l’absence de contraception et sans procréation que l’on parle d’infertilité. Par contre, la stérilité est l’incapacité irréversible de procréer.

Les facteurs influençant la fertilité

Ils existent des facteurs influençant la fertilité naturelle de la femme et de l’homme comme l’âge, par exemple, qui joue un rôle très important puisqu’au fur et à mesure qu’il augmente, d’une part les chances de grossesses s’amenuisent de façon très importante et d’autre part il y a une augmentation des fausses couches. L’obésité, le tabac et l’alcool sont également des facteurs délétères. Notons aussi, certaines conditions de l’environnement (chaleur, solvants, pesticides…) qui peuvent également entraîner une diminution de la fécondité.

Quelles sont les causes organiques de l’infertilité ?

Alors que, durant des siècles, l’ignorance attribuait l’infertilité uniquement à la femme, de nos jours avec les avancements des sciences biomédicales, il est vérifié que l’origine de l’infertilité peut être féminine, masculine ou mixtes.

  • Les principales causes féminines

 

o  Troubles hormonaux influant sur la maturation ovarienne ou sur la libération de l’ovule (une des causes les plus fréquentes d’infertilité féminine)

o  Troubles de la qualité de la glaire du col

o  Obstruction ou détérioration des trompes

o  Kystes ovariens organiques

o  Infections pelviennes

o  Endométriose (envahissement des organes pelviens voisins par le tissu utérin)

 

  • Les principales causes masculines

 

o  Nombre insuffisant de spermatozoïdes dans le sperme

o  Troubles de la mobilité ou de la morphologie des spermatozoïdes

o  Problèmes liés à la quantité de sperme produit (faible ou inexistant)

o  Troubles liés à l’activité sexuelle (dysérection, anéjaculation.etc)

o  Problèmes immunologiques


 

Mon corps dit Oui mais ma tête dit Non ! 

Danscertains cas, malgré les examens médicaux effectués, nous ne trouvons pas de causes organiques qui expliqueraient l’infertilité du couple. On parle alors d’infertilité ou de stérilité psychogène c’est-à-dire de nature psychique. L’organisme serait capable de perturber le fonctionnement des ovaires et de bloquer la pénétration des spermatozoïdes. Les ovulations deviennent alors rares ou inexistante. Les causes peuvent être multiples : Choc psychoaffectif suite à un traumatisme émotionnel comme la perte d’un être cher par exemple, stress intense, angoisse, dépression, anorexie etc. Un accompagnement psychologique est alors nécessaire.

Quels examens peuvent être pratiqués ?

Les examens médicaux sont graduels.

La première consultation pour un bilan de stérilité commence par un interrogatoire du couple, à la recherche d’antécédents médicaux, chirurgicaux, ou d’une cause évidente de l’infertilité ou stérilité. La deuxième étape consiste à l’examen clinique général et plus particulièrement à l’examen de l’appareil génital des deux membres du couple.

Puis, des examens complémentaires peuvent s’avérer nécessaires afin de pousser l’investigation médicale. Ils ne sont bien entendus ni systématiques ni obligatoires:

  • Chez le couple

o   Test post coïtal appelé Test de Hühner est fait en fonction des courbes de températures des cycles précédents, et permet d’évaluer la qualité de la glaire cervicale, la présence, le nombre et la qualité de spermatozoïdes, la compatibilité entre les spermatozoïdes et la glaire cervicale. Le couple devra avoir un rapport sexuel coïtal (avec pénétration) 6h à 12h avant le test.

 

  • Chez la femme

o   Courbes de température : permet de déterminer la présence ou l’absence d’ovulation. Elle indique à postériorité à quel moment du cycle s’est produite l’ovulation. (information utile pour le test d’Hühner et la détermination du moment optimal pour les rapports sexuels coïtaux)

o   Echographie pelvienne : évalue la « réserve ovarienne », la vascularisation utérine et recherche une anomalie anatomique de l’utérus des trompes ou des ovaires.

o   Bilan sanguin : hormonal et sérologique (recherche d’infections)

o   Prélèvement vaginal : recherche d’infections génitales

o   Cœlioscopie : consiste à accéder au niveau de la cavité abdomino-pelvienne sans ouverture de la paroi abdominale.

 

  • Chez l’homme

o   Spermogramme :analyse du volume de l’éjaculat, du nombre, de la mobilité, de la vitalité des spermatozoïdes

o   Bilan sanguin : hormonal et sérologique (recherche d’infections)

o   Echographie testiculaire avec Doppler des vaisseaux spermatiques : elle analyse la morphologie et la vascularisation de l’appareil génital

 

Les progrès médicaux, depuis le siècle dernier, donnent aujourd’hui de nombreuses possibilités aux couples ayant des difficultés à faire un bébé. Néanmoins, nous n’insisterons jamais assez sur l’importance du dialogue au sein du couple car tous ces examens peuvent effectivement dans certains cas générer l’apparition ou l’accentuation de difficultés sexuelles. D’où, pour certains couples, le besoin voire la nécessité d’un suivi sexologique parallèlement au suivi médical.

Nadia EL BOUGA